hao polynesie

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Lorsque le 24 janvier 1521, Ferdinand Magellan découvre le premier atoll des Tuamotu, PUKAUKA, il commence la conquête des 115 îlots qui deviendront, trois siècles plus tard, la Polynésie française . Son proche compagnon, le portugais Fernando de Quiros, revenu au mois de février 1606, a joint à la future carte de l'archipel des Tuamotu, les atolls de Marutea - Tanere - Rerada et Hao.

Seul Hao est habité. Des hommes armés de lances et manoeuvrant de grandes pirogues y accueillent pacifiquement les navigateurs. Invité à bord de l'un des navires, le chef de l'île reçoit quelques étoffes et des couteaux. En retour, il offre à Fernando de Quiros sa couronne de plumes et du poisson.

Contrairement aux autres archipels de la Polynésie, celui des Tuamotu fut tardivement peuplé, sans doute entre l'an 1000 et 1500 après J.C., par les survivants de grands combats opposant des tribus rivales des Marquises, de Tahiti et de Maugareva.

Appelés Paumotu (de PAU, conquête, et MOTU, petite île basse), ces habitants menaient une existence de nomades, passant d'une île à l'autre jusqu'à épuisement des ressources naturelles.

Le cocotier était alors peu répandu sur les atolls. De gigantesques zones creusées jusqu'à 1,50 m de profondeur permettaient en revanche, la culture du Taro et de différents arbres fruitiers.

Les premiers missionnaires, s'ils firent la cuisante expérience des habitudes anthropophages des naturels, réussirent néanmoins la conquête religieuse des atolls, conquête qui sanctionnait du même coup, l'allégeance politique et économique des Tuamotu soumis au protectorat de la France en 1842.

Les missionnaires créèrent les villages et firent planter des milliers de cocotier qui permirent, à partir de 1870, grâce aux techniques industrielles d'une huilerie allemande installée à Tahiti, de généraliser dans l'archipel, l'exploitation du coprah. Le commerce de la nacre et de la perle se développait entre 1860 et 1914.

A l'autosuffisance d'une économie repliée sur elle-même, succédait donc une dépendance avec Tahiti et le monde extérieur; prospère dans l'entre deux guerres puis déclinant avec l'épuisement des cocoteraies et la baisse du prix du coprah. Les Tuamotu offraient, jusqu'en 1960, un décalage de près d'un siècle avec Tahiti.

Le décalage allait être définitivement rompu et progressivement rattrapé à partir de l'installation de HAO et de MURUROA, du Centre d'Expérimentation du Pacifique dont les retombées économiques provoquèrent dans toute la région une formidable accélération de l'histoire : du jour au lendemain, les Tuamotu entraient de plein pied dans le monde moderne.

Hao a été la base avancée du Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP) pour les essais nucléaires. De 1963 à 1965, d'importantes infrastructures ont été mises en place : une piste d'aviation de 3 380 m protégée par une digue, une route de 15 Km, des logements, des salles de réunion, des appareils pour l'approvisionnement en eau douce et des laboratoires.

Le rôle de Hao est double : "servir de point de relais pour les avions qui (amenaient) certains matériels délicats, servir de point d'arrivée pour les premiers examens après les expériences. Hao, (c'était) l'atoll laboratoire, domaine du Commissariat à l'Energie Atomique". Le développement économique de l'île explique le fort taux d'accroissement démographique : on comptait 194 habitants en 1962, 448 en 1977, 993 en 1971, 1286 en 1977, 1167 en 1983, 1156 en 1988 et 1412 en 1996.

Le 1er août 1998, la dissolution de la Direction des centres d'expérimentation nucléaire (Dircen) a été prononcée.

Pour sa part, le Haut Commissaire de la République déclarait que la "dissolution de la Direction des centres d'expérimentations nucléaire met un terme à une aventure scientifique, technique et humaine que furent les essais nucléaires dans le Pacifique durant trente cinq ans."

(sources : http://hao.demeyer.net/ )